Pics, “têtes de bois” ?

 

“Toc, toc, toc” !

Un bruit sourd retenti dans la forêt.  Qui en est donc ce percussionniste de nos bois ?

C’est un pic qui s’affaire à frapper sur un tronc d’arbre du bout de son bec.

Comment fait-il donc pour ne pas avoir mal à la tête ?

 

Les pics de France

 

Les pics sont des oiseaux de la famille des picidés. En France, il existe 9 espèces de pics, toutes protégées : le Torcol fourmilier Jynx torquilla, le Pic cendré Picus canus, le Pic Vert Picus viridis, le Pic noir Dryocopus martius, le Pic épeiche Dendrocopos major, le Pic mar Dendrocopos medius, le Pic à dos blanc Dendrocopos leucotos, le Pic épeichette Dendrocopos minor et le Pic tridactyle Picoides tridactylus. Ils sont visibles principalement en forêt, dans les prairies, dans les vergers mais aussi dans les parcs et les jardins. Toutes ces espèces sont sédentaires hormis le torcol fourmilier qui migre en Afrique à partir du mois d’août.

A lire aussi : Apprendre à identifier les oiseaux des jardins

Le pic épeiche frappe sur le tronc d'arbre avec son bec

Le pic épeiche frappe sur le tronc d’arbre avec son bec

Des pics “têtes de bois”

 

“Toc, toc, toc” ! Les pics tapent à répétition sur le tronc des arbres. Ils peuvent taper du bec plus de 10 000 fois dans la même journée ! Ils frappent à plus de 25km/h, à la cadence de quinze à vingt coups par seconde. Avec une telle obstination on peut se demander comment l’oiseau fait pour ne pas avoir mal à la tête le soir venu ? Comment leur crâne de piaf résiste-il aux chocs ? Sont-ils pourvus d’une “tête de bois” ?

La tête des pics est un véritable amortisseur ! Tout d’abord, ils possèdent un os du crâne dense et épais à l’arrière de la tête et à la base, derrière le bec. Ensuite, ces oiseaux sont dotés de muscles extrêmement bien coordonnés, qui amortissent et distribuent les chocs. De plus, le muscle de la langue, qui entoure le crâne par l’arrière, joue un rôle dans l’absorption et la distribution des vibrations.

Enfin, leur bec, épais et massif, grandit très rapidement pour compenser l’usure. Le bec pousse de 0,1 à 0,3 mm par jour. Le bec supérieur du pic est plus court que son bec inférieur limitant les contraintes mécaniques subies au moment du choc.

Mais alors, pourquoi s’obstinent-ils à taper sur des troncs d’arbres ?

 

La relation entre l’arbre et le pic

 

Il faut savoir que tous les pics ne tapent pas du bec ! Le Torcol fourmilier ne creuse pas le bois. C’est un opportuniste qui utilise des trous déjà existants.

 

Arbre couveuse :

Au printemps commence la saison de la reproduction. Les pics creusent alors un trou dans les troncs pour pondre leurs œufs (4 à 8 par couvée). L’incubation dure environ deux semaines et les jeunes quittent le nid vers l’âge de 3 à 4 semaines.

 

Arbre restaurant :

Les oiseaux tapent le bois à la recherche d’insectes xylophages et de larves dont ils se nourrissent. Avec leur longue langue collante, ils sondent les crevasses de l’écorce afin d’attraper des insectes. Ils aiment également les fourmis, la sève, les fruits et les noix.

 

Arbre télégraphe :

Certaines espèces tambourinent avec leur bec sur les arbres pour communiquer. Ainsi, ils marquent leur territoire et attirent les femelles en période de reproduction. Chaque espèce de pic tambourine selon un rythme, une puissance et une durée qui lui sont propres. Toutes les espèces ne tambourinent pas (pic vert, torcol fourmilier et pic mar).

A l'aide de son bec puissant, le pic vert frappe le tronc des arbres morts

A l’aide de son bec puissant, le pic vert frappe le tronc des arbres morts

Des pics et des arbres

 

Pics bâtisseurs

Les cavités creusées par les pics ont un rôle important dans l’écosystème des forêts. Ces niches délaissées pourront être occupées par d’autres espèces d’oiseaux et de mammifères. Certaines espèces cavicoles dépendent directement du pic pour trouver une cavité.

 

Pics sentinelles

Les pics sont des sentinelles des écosystèmes forestiers. Le bois mort est leur est utile pour trouver leur nourriture et pour leur reproduction. La présence de pics indique l’existence de cette ressource. Sur des arbres vivants, le pic est le révélateur de pourritures causées par des champignons.

 

Pics régulateurs

Ces oiseaux permettent également d’identifier les arbres contaminés par les insectes. Ils peuvent alors jouer un rôle dans la régulation des populations d’insectes parasites des forêts.

 

Pics de bois ou bois de pics

 

Même s’ils leurs tapent sur le bois, une forte relation existe entre les pics et les arbres. Les arbres leurs fournissent de nombreuses ressources telles qu’un abri et de la nourriture. Les pics sont quant à eux les sentinelles et protecteurs de nos forêts. Lors de vos prochaines balades dans les bois, tendez l’oreille et écoutez leurs percussions. Peut-être apercevrez-vous cet oiseau à la “tête de bois” !

Photos : Fondazione Enpam ; hedera.baltica

quis mattis porta. vel, Sed facilisis risus. nunc