Animal sacré de certaines régions indonésiennes, le macaque de Java, ou Macaca fascicularis, profite de son statut d’animal protégé que lui confère la religion hindouiste pour s’adonner au racket des touristes.

Portrait robot de notre “singe escroc”

Le macaque de Java, aussi appelé macaque à longue queue, est un primate de la famille des Cercopithécidés. Originaire d’Asie du Sud-est, il vit en groupes sociaux, multi-mâles et multi-femelles, composés en moyenne de 30 individus.

Son statut de conservation IUCN est de préoccupation mineure (LC). Il est en effet considéré comme une espèce invasive dans certaines régions d’Asie. La destruction de son habitat naturel et l’extension de l’urbanisation le pousse à coloniser les milieux fréquentés par les humains.

Le macaque de Java, très opportuniste, a su s’adapter à cette cohabitation forcée avec l’espèce humaine.

Du racket au troc, la stratégie des singes est bien rodée …

Le comportement de “troc” entre humains et primates non humains consistant à échanger un objet contre de la nourriture est connu et largement étudié en captivité. L’observation de ce phénomène en milieu naturel a été publiée dans une  étude scientifique inédite sur un groupe de macaques à longue queue du temple d’Uluwatu à Bali menée par Fany Brotcorne, doctorante à l’Université de Liège.

En arrivant sur le site du temple d’Uluwatu, les touristes découvrent une pancarte, pour le moins surprenante, sur laquelle est inscrit : « Pour ne pas tenter les pickpockets, fermez bien votre sac et surveillez vos objets personnels. » Les fameux “pickpockets” ne sont autres que des macaques à longue queue ayant établi leur territoire autour du temple. Efficace à 80% selon l’étude, leur tactique consiste à dérober les objets précieux des touristes, tels que téléphone, appareil photo ou lunettes et à leur restituer contre de la nourriture ou des friandises.

Une conséquence environnementale à l’origine de ce comportement

Cette nouvelle tradition comportementale, transmise au sein du groupe des macaques de Bali, est une conséquence directe de la disparition des habitats naturels de ces primates. La déforestation due aux plantations de palmiers à huile, à la culture sur brûlis ou à l’urbanisation croissante, a poussé ces primates à la cohabitation avec l’humain et a engendré l’apparition de nouvelles stratégies évolutives. Afin de limiter les conflits entre humains et macaques, les autorités locales souhaitent contrôler les naissances de ces derniers par la stérilisation des femelles…

Crédits photos : Kahunapule Michael Johnson

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