Lorsqu’on parle de pollution, il y a celle que l’on voit (déchets, déversements de produits chimiques…) dont l’impact nocif sur la biodiversité est une évidence, mais il y a aussi celle qu’on ne voit pas et qui engendre autant de dégâts. C’est le cas de la pollution sonore qui se caractérise par tous les bruits émis dans notre environnement (trafic routier, industrie, travaux…) et qui a un impact important sur les animaux et leurs comportements. Cette pollution n’a pas lieu que sur la terre ferme ; les océans, aussi, y font face à cause des transports maritimes, des navigations de plaisance, des forages, des utilisations de sonars à haute intensité, etc. et elle ne fait pas bon ménage avec les baleines !

 

Les repères sonores, une priorité pour les baleines

Un habitat qui se prête à une communication sonore

Dans l’eau, la lumière se propage très mal. Au-delà de 1000 mètres de profondeur, c’est la nuit noire ! Par contre le son s’y propage encore mieux, et beaucoup plus vite que dans l’air ! Les espèces animales qui y vivent ont alors tout intérêt à développer leur sens auditif  plutôt que visuel. C’est d’ailleurs le cas des mammifères et autres animaux marins, comme les baleines, qui utilisent énormément la communication sonore.

 

Le son est utilisé par les baleines pour des comportements essentiels à leur survie

Qui n’a jamais entendu parler du fameux « chant des baleines »? Si toutes les espèces de ce cétacé géant ne le produisent pas, toutes ont une manière de communiquer qui implique l’envoi et la réception d’un message sonore, qui peut se propager sur des centaines de kilomètres. Communiquer entre elles par signaux sonores est primordial. Elles peuvent ainsi se déplacer, trouver un partenaire pour se reproduire, repérer leurs proies, et aussi éviter des prédateurs.

Les baleines utilisent différents sons pour communiquer

Les baleines utilisent différents sons pour communiquer – Photo Pixabay skeeze

La pollution sonore est responsable de nombreux dégâts chez les baleines

Imaginezvous constamment plongé dans un brouillard qui vous empêche de vous repérer dans l’espace, d’identifier vos amis ou votre famille, de voir précisément les dangers arriver… Et bien, voici à peu près les difficultés auxquelles les mammifères marins doivent faire face quand ils sont soumis à des pollutions sonores.

 

Une communication affaiblie qui entraîne une perte d’efficacité

Les bruits émis par les transports maritimes ont généralement les mêmes propriétés que ceux utilisés par les baleines : sons de basses fréquences ou infrasons qui se propagent sur de longues distances dans l’océan. De ce fait, utilisant des fréquences similaires ou proches des transports maritimes, la communication entre les baleines se trouve affaiblie, voire même masquée !

Pour y faire face, certaines espèces comme la baleine franche, augmentent le volume de leur chant ou multiplient leurs nombres d’appels. Mais ces stratégies, coûteuses en énergie, sont parfois vaines. Avec l’augmentation accrue de la pollution marine sonore, les distances sur lesquelles les baleines peuvent s’entendre auraient diminuées de 90% ces dernières décennies. Ainsi, trouver un partenaire pour se reproduire, trouver de la nourriture et se déplacer, devient un véritable parcours du combattant dans ce brouhaha incessant.

 

La pollution sonore est une source de stress pour le cétacé

Cela est même une source de stress importante pour ces grands cétacés. C’est à la suite de la baisse du trafic maritime, après les événements du 11 septembre 2001, que des chercheurs ont pu mettre en évidence, pour la première fois, l’impact du son sur le stress de ces mammifères. Réalisant initialement une étude acoustique sur les baleines franches de l’Atlantique nord, les scientifiques se sont lancés dans une expérience fortuite sur le stress généré par le trafic maritime. Ainsi, lorsque le trafic maritime s’est ralenti (induisant moins de perturbations sonores), cette expérience a montré que les baleines avaient un taux de stress beaucoup moins élevé qu’en temps de trafic normal !

 

Une perte de repère pouvant conduire jusqu’à la mort

Encore plus grave, la pollution sonore peut être mortelle pour certaines baleines ! Proches d’un sonar militaire ou d’appareils de mesures de prospecteurs miniers, elles prennent peur et fuient à grande vitesse à la surface, perdant leurs repères, en occultant leur méthode de plongée habituelle. Comme un plongeur novice, elles meurent sur le coup d’un accident de décompression, ou, prises de douleurs, elles se laissent échouer sur une plage où l’issue sera fatale…

La pollution sonore peut entrainer la mort de certaines baleines

La pollution sonore peut désorienter certaines baleines et entrainer leur mort – Photo Pixabay Pexels

Sources :

Rolland, R.M. & al . (2012). Evidence that ship noise increases stress in right whales. The Royal Society, Vol. 279 (1737.

https://www.sfecologie.org/regard/r83-janv-2019-sissler-bienvenu-sonic-seas/

Praesent efficitur. dolor at eget felis Donec non facilisis mattis Aliquam