Connaissez-vous le pangolin, le seul mammifère au monde à avoir des écailles ? C’est aussi l’un des mammifères les plus prisés par les braconniers. Il vit exclusivement sur les continents africain et asiatique sur lesquels les 8 espèces se répartissent.

 

Un pangolin braconné toutes les 5 minutes !

 

Une espèce facile à braconner

Lorsqu’ils se sentent menacés, les pangolins se recroquevillent en boule, afin de protéger leur tête et leur ventre, qui sont les parties les plus vulnérables de leur corps. Si cette technique peut être efficace face à certains prédateurs (lions, léopards…), elle ne l’est pas face à celui qui leur est le plus nuisible… l’Homme ! Elle les rend encore plus accessible : ils n’ont plus qu’à être ramassés et mis dans un sac. On estime que ce mammifère à écailles est prélevé de son habitat naturel, par un braconnier, toutes les 5 minutes.

Parmi les 8 sous-espèces de cet insectivore, 2 espèces asiatiques (pangolin javanais et pangolin de Chine) sont classées en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’UICN. Les deux autres espèces, présentes sur ce continent, sont également répertoriées en danger sur cette liste.

Les espèces africaines, quant à elles, sont pour l’instant classées comme vulnérables, et face au déclin des populations asiatiques, elles sont de plus en plus braconnées pour répondre à la demande locale, mais aussi pour être envoyées sur le marché international, essentiellement asiatique.

 

Le pangolin, mammifère le plus illégalement vendu sur la planète

 

Depuis 2016, toutes les espèces de pangolins sont classées à l ‘Annexe I de la CITES, qui interdit leur commerce, qui jusqu’alors était réglementé, mais légal. Une étude scientifique estime que malgré ces interdits, environ 400 000 à 2,5 millions d’individus sont chassés chaque année dans les forêts africaines.

Les croyances traditionnelles en partie responsables de ce commerce

Le braconnage de beaucoup d’espèces animales est essentiellement dû aux vertus médicinales qu’on leur prête, qui ne sont pour la plupart pas avérées. Pour le pangolin, ce sont ses écailles en kératine qui sont l’objet de toutes ces convoitises. Selon la médecine traditionnelle asiatique, réduites en poudre, elles permettraient de guérir une diversité importante de maladies, comme des cancers, des maladies cardiaques entre autres, et seraient même utiles aux femmes allaitantes. Dans certaines cultures africaines, glisser une écaille de pangolin dans sa poche permettrait d’éloigner le mauvais œil.

 

Les écailles des pangolins sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise

Les écailles des pangolins, constituées de kératine, sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise

Viande de brousse et mets de luxe desservent ce mammifère

En plus des croyances sur ses vertus médicinales, la viande tendre de ce fourmilier n’aide pas à améliorer son cas. En Chine et au Viêt-nam, c’est un met de luxe, et un individu peut se vendre jusqu’à 2000 euros ! En consommer est alors un signe de richesse et permet de mettre en avant son statut social. En Afrique, sa viande, qu’on retrouve sur les marchés locaux, est consommée comme viande de brousse.

 

Sources :

Ingram, D.J, & al. (2017). Assessing Africa‐Wide Pangolin Exploitation by Scaling Local Data. Conservation letters, Vol. 11 (2).

Site web : https://www.pangolinsg.org/

non ipsum mi, quis, Lorem adipiscing quis vulputate, leo.