Nous n’avons pas le monopole de la drague ! Les animaux aussi mettent en œuvre des techniques pour se rendre irrésistibles aux yeux de leur femelle. Et si les couleurs des oiseaux chez les mâles n’ont plus de secrets pour nous, sachez que ce n’est pas la seule tactique que les animaux déploient pour être séduisants, et certaines d’entre elles méritent d’être connues.

Il n’y a pas que le physique qui compte chez les animaux

L’importance d’avoir de la voix

Si pour certains animaux, les caractéristiques physiques sont importantes, pour d’autres, la voix est un élément décisif pour choisir son partenaire. Ce n’est pas les oiseaux chanteurs qui diront le contraire ! Le mâle qui produira un chant clair, puissant et répété sera celui qui séduira le plus de femelles. C’est aussi le cas du cerf, pendant la saison des amours, les mâles vont vocaliser, c’est ce qu’on appelle le brame. Il va être caractéristique de la puissance et de la force de son émetteur, ainsi il a une double fonction : à la fois défendre son territoire et aussi attirer les femelles (les biches) qui verront en lui un meilleur reproducteur.

Des cadeaux et des nids utiles pour l’accouplement

Certains animaux, eux, ne comptent pas sur leur voix, mais plutôt sur des offrandes pour attirer leur partenaire. Ainsi, la mouche scorpion apporte une proie nuptiale à sa douce lors de l’accouplement, plus celle-ci sera grosse, plus l’accouplement sera long ! D’autres, comme le jardinier brun (oiseau) ou l’épinoche à trois épines (poisson), vont s’atteler à fabriquer un nid douillet pour leur partenaire qu’ils chasseront une fois les œufs déposés à l’intérieur. Les premiers fabriquent un nid, une sorte de tonnelle assez complexe, devant lequel ils déposent des fruits et des insectes pour attirer la femelle, les seconds font de même en construisant un nid en forme de tube, à l’aide de plantes aquatiques, puis ils paradent devant en arborant un ventre rouge pour plaire aux femelles.

Pendant leur étreinte, le mâle de l’amazone à front blanc régurgite ce qu’il a mangé dans la bouche de sa partenaire en guise de cadeau, un peu moins plaisant que les offrandes faites par les autres…

Des techniques particulières

Pour continuer dans les exemples peu ragoûtants, voici celui de l’hippopotame qui, pour signifier qu’il est le plus fort – ce qui est évidemment un critère de choix pour madame –, asperge tout ceux qui sont à proximité. À l’aide de sa queue, qu’il fait tourner comme une hélice, il balance des jets d’urine et de défécation. Les porcs-épic, eux, adoptent plus ou moins la même technique, sauf qu’ils urinent délibérément sur la femelle en se dressant sur leurs pattes arrière. Celle-ci acceptera ou non de copuler si c’est le bon moment pour elle, sinon elle réagira de manière agressive envers le mâle, ce qui de notre point de vue est compréhensible. 

Le brame du cerf mâle pour attirer les biches lors du rut - Instinct Animal

Le brame du cerf mâle pour attirer les biches lors du rut – Instinct Animal

Ceux qui détournent les règles

Les opportunistes

Même si on n’est pas le plus fort, ou le dominant de la bande, rien n’est perdu, surtout pour les éléphants de mer. Ces mammifères vivent en harem, un mâle dominant règne donc sur toute sa troupe de femelles, dont il se réserve le droit d’accouplement. Lorsque celui-ci défend son territoire contre d’autres mâles adultes voulant lui voler sa place, les jeunes mâles qui vivent en périphérie du groupe en profitent pour aller s’accoupler avec les femelles, ni vu, ni connu !

C’est également le cas de la rainette (Hyla intermedia), les mâles attirent les femelles en vocalisant fortement. Pourtant certains d’entre eux, pour séduire les femelles, ont recourt à une technique différente. Ils restent silencieux, proches des mâles qui vocalisent, se donnant alors le droit d’intercepter la femelle attirée par son voisin.

Voilà des techniques dont vous pouvez vous inspirer si vous manquez d’imagination !

Sources

Castellano, S. & al. (2009). Alternative mating tactics in the Italian treefrog, Hyla intermedia. Behavioral ecology and sociobiology, Vol. 63, Issue 8, pp. 1109-1118.

Taylor, M. Les animaux en plus de 300 curiosités, Paris, Delachaux et Niestlé, 2011, 226 pp.

Crédits photos : Rémi BONTEMPS ; Pim GMX

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