Les stratégies des proies pour prévenir la prédation

Qui ne s’est jamais senti totalement impuissant face à ces scènes, dans les reportages animaliers, lorsque le gnou se fait manger par le crocodile lorsqu’il traverse la rivière ? Ou alors, lorsque le guépard s’empare du bébé gazelle ? Et bien, sachez que les proies ne sont pas passives face à leur tragique destin, elles mettent en place plusieurs types de stratégies  pour se protéger de leurs prédateurs.

Les différentes stratégies comportementales dans le monde animal

Bien que la prédation soit l’une des principales causes de mortalité chez les espèces animales, elles utilisent des procédés qui s’adaptent aux techniques de chasse de leur prédateur, pour l’éviter au maximum.

La vigilance, premier réflexe face aux prédateurs

Il est plus probable d’échapper à un prédateur si on le remarque à temps. C’est pourquoi plusieurs espèces adoptent un comportement de vigilance, c’est-à-dire qu’elles vont observer leur environnement à différents intervalles de temps, réguliers ou non. Chez les impalas, par exemple, il ne faut pas se nourrir trop longtemps sans relever la tête, elles seraient des proies trop faciles ! C’est pourquoi, ces antilopes semblent toujours être attentives lorsqu’elles se nourrissent. En effet, les animaux qui en feront preuve le plus souvent seront moins attaqués par les prédateurs.

Un autre exemple, les suricates, dont on connaît bien le rôle des sentinelles pour prévenir d’éventuelles menaces pour le groupe, ont également adopté cette technique de vigilance.

Le suricate, sentinelle du désert, est vigilant face aux prédateurs - Instinct Animal

Le suricate, sentinelle du désert, est vigilant face aux prédateurs – Instinct Animal

Les lanceurs d’alertes pour prévenir leurs congénères

Les alertes peuvent être lancées sous plusieurs formes : cri d’alerte ou phéromone.

L’exemple du suricate et du rôle de la sentinelle illustre bien la première forme. En plus de son rôle de « surveillance », elle donne l’alerte lorsqu’un danger approche, permettant à l’ensemble du groupe d’aller se réfugier dans leur terrier pour se protéger.

Ce type de technique a lieu généralement chez des espèces qui ne peuvent pas à la fois se nourrir et être attentives à leur environnement et de ce fait fortement exposées aux prédateurs.

Les suricates ont également différents cris d’alertes en fonction du type de danger, c’est également le cas du singe vervet. Selon que le prédateur soit un léopard, un serpent ou un aigle le cri sera différent. Et pour cause, on ne réagit pas de la même manière face à tous les prédateurs, si c’est un léopard, on grimpe dans les arbres, si c’est un serpent, on s’immobilise !

Puis il y a ceux qui émettent des phéromones, comme signal d’alerte lorsqu’un prédateur approche, qui aura pour but de prévenir les congénères et d’induire chez eux une réponse comportementale adaptée. C’est par exemple le cas chez les abeilles ou les fourmis.

La formation de groupe pour faire face à la prédation

Bien qu’être en groupe soit un gros inconvénient en rendant les animaux bien plus visibles par leurs prédateurs, ils leur confèrent tout de même plusieurs avantages pour y faire face.

Plus on est, mieux c’est ! En effet, il y a plus de paires d’yeux pour surveiller les alentours, chacun peut alors augmenter son temps passé à se nourrir sans pour autant augmenter son risque de se faire attaquer.

Aussi, le groupe apporte un effet de dilution. Logiquement, il y a moins de chance que ça tombe sur moi si je suis entouré, alors que si je suis seul face à un prédateur et que je n’arrive pas à fuir, il y a 100% de chance que je me retrouve au fond de sa gueule !

C’est dans cette même idée qu’on observe une synchronie des naissances chez la plupart des ongulés, ils auront plus de chance de survie dans un grand groupe avec plusieurs autres petits que seuls.

Le groupe va également induire chez l’individu menaçant, un effet de confusion. Face à plusieurs individus, le prédateur aura du mal à se concentrer sur une seule et même proie, diminuant alors le taux d’attaques réussies.

Enfin, dernier avantage: les individus du groupe pourront se réunir pour faire face au prédateur afin de le faire fuir.

Nous pouvons dire que l’union fait la force !

Crédits photos : Spencer Wright ; Martin Heigan

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