La relation entre les oiseaux et l’Homme

Une relation Homme – Oiseaux très ancienne

Que ce soit en captivité ou en liberté, l’oiseau fascine, inspire. Ainsi, l’Homme a toujours cherché à savoir voler (Léonard de Vinci, Icare dans la mythologie grecque) mais les oiseaux fascinent également par d’autres caractéristiques que le vol qui sont étudiées dans divers domaines (médecine, ingénierie…).

La relation entre les oiseaux et l’Homme est ancienne et va bien au-delà du besoin de se nourrir. Aujourd’hui, l’oiseau est aussi bien un animal domestique, qu’un animal de consommation ou encore un modèle biologique permettant de répondre à des problématiques inhérentes à notre société actuelle.

Elevage et domestication par l’Homme

La domestication de l’oiseau par l’Homme remonte à 6 000 ans av J-C en Asie du Sud-Est avec le canard, l’oie, la dinde, la pintade, le pigeon ou encore la poule. C’est à cette même période que l’aviculture voit le jour.

L’objectif étant d’en tirer une production pour l’Homme :

  • La viande : les oiseaux sont élevés avant d’être abattus pour être consommés
  • Œufs : Issus pour la plupart des poules, les œufs d’autres espèces peuvent également être consommés (oie, canard…). Cependant, dans le commerce, on retrouve essentiellement des œufs de poules et de cailles.
  • Plumes : Autrefois très prisées, les plumes d’oies étaient utilisées pour servir de remplissage aux oreillers et édredons. En effet, le duvet possède un fort pouvoir isotherme. Aujourd’hui, les fibres synthétiques ont quasiment entièrement remplacé cette production.
  • Fientes : Les fientes constituent un bon engrais à condition de les utiliser avec parcimonie.
  • Repeuplement cynégétique : L’élevage pour la chasse concerne plus de 20 millions d’oiseaux (Faisans, Perdrix, Canards…).

L’aviculture englobe également d’autres formes d’élevage que ce soit pour la colombophilie (courses de pigeon voyageur), la fauconnerie, les combats de coqs ou le simple fait de posséder un oiseau comme animal de compagnie.

Le fauconnier élève des oiseaux de proie pour la chasse

Figure 1 : La Fauconnerie est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. L’IAF (International Association for Falconry and Conservation of Birds of Prey) rassemble pas moins de 10000 membres dans le monde entier.

Coopération Homme-Oiseaux sauvages

Un cas de mutualisme unique entre l’Homme et une espèce d’oiseau sauvage existe au Mozambique. Le Grand indicateur (Indicator indicator) est une espèce endémique de l’Afrique subsaharienne. Cette espèce se nourrit de la cire d’abeille et connaît donc la position des ruches. Les hommes de la tribu Yao, quant à eux, ont en leur possession les outils nécessaires pour ouvrir les ruches tant convoitées.

Comment cette coopération fonctionne ?

Lorsque les Grands indicateurs repèrent une ruche, ils se mettent à chanter fort puis volent d’arbre en arbre afin d’indiquer la position de la ruche aux hommes. Une fois la ruche trouvée les hommes peuvent récolter le miel et laissent les oiseaux se régaler de la cire d’abeille dont ils sont si friands.

Le Grand Indicateur, oiseau d'Afrique qui indique aux Hommes la position des ruches

Figure 2 : Les Grands indicateurs (Indicator indicator) et les hommes de la tribu Yao coopèrent.

Les oiseaux et la chasse

Sur les 89 espèces chassables sur le territoire français, 64 d’entre elles sont des oiseaux soit un peu plus de 70%. On y trouve des limicoles (Vanneau huppé, Pluvier doré…), des corvidés (Pie bavarde, Corneille noire…), du gibier de plaine (Faisan de Colchide, Perdrix grise…), des oiseaux d’eau (Canard colvert, Oies…), et autres passereaux (Merle noir, Grive musicienne, Alouette des champs…).

Plus qu’un outil de régulation des populations, la chasse est avant tout considérée comme un sport ou un loisir. Ainsi, on ne compte pas moins de 45 millions d’oiseaux tués par an dont 20 millions issus de l’élevage cynégétique (Perdrix et Faisans essentiellement).

Le canard colvert, oiseau d'eau, gibier pour la chasse

Figure 3 : Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Un vanneau huppé, oiseau, gibier, chasse

Figure 4 : Vanneau huppée (Vanellus vanellus)

Le faisan de Colchide, gibier élevé pour la chasse

Figure 5 : Faisan de Colchide (Phasianius colchicus)

Les espèces protégées

La France compte plus de 570 espèces d’oiseaux qui sont en grande majorité des espèces protégées.

La liste rouge nationale UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) énumère la liste des espèces sauvages menacées. Cette liste rouge constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales. Elle s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction de milliers d’espèces et de sous-espèces. Ces critères s’appliquent à toutes les espèces et à toutes les parties du monde. En France, plus d’une centaine d’espèces inscrites sur la liste rouge sont menacées d’extinction.

La Convention de Bonn de 1979 et la Directive oiseaux de 2009 établissent la liste des oiseaux concernés par des mesures de protections spéciales. Ces protections s’appliquent aussi bien aux individus eux-mêmes qu’à leurs nids, leurs œufs ou encore leurs habitats.

La Convention de Bonn liste les protections et la gestion des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage. Elle est composée de deux annexes : l’annexe I regroupe la liste des espèces en danger d’extinction et l’annexe II présente la liste des espèces migratrices dont l’état de conservation est défavorable.

La Directive Oiseaux est une directive prise par l’Union Européenne afin de permettre la protection et la gestion des espèces sauvages sur le territoire européen. Elle repose sur les engagements des pays européens à mettre en place des mesures adaptées visant à conserver « toutes les espèces d’oiseaux vivant naturellement à l’état sauvage sur le territoire européen ».

De nombreuses espèces sont en déclin et l’Homme en est, malheureusement, en grande partie responsable. En effet, les oiseaux subissent de plein fouet la dégradation ainsi que la perte de leurs habitats, le changement climatique, l’utilisation de produits phytosanitaires qui font partis des principales causes du déclin de ces espèces.

Ainsi, de nombreuses structures (bureau d’études, associations, Parcs naturels régionaux…) et des passionnés œuvrent pour la protection et la conservation de la nature.

L'outarde canepetière est un oiseau en danger de disparition, espèce protégée

Figure 6 : L’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) est inscrite sur la liste rouge et est considérée comme quasi menacée à l’échelle mondiale. En France, l’espèce est en danger d’extinction notamment à cause de la perte de son habitat.

Le biomimétisme : quand l’Homme s’inspire des animaux

Bon nombre d’espèces animales inspirent l’Homme dans de nombreux domaines comme la médecine ou encore l’ingénierie. Ce processus s’appelle le biomimétisme et consiste à s’inspirer de modèles biologiques déjà existants pour répondre à des problématiques humaines.

Le vol du colibri inspire le secteur éolien

Des chercheurs se sont inspirés du vol du colibri pour mettre au point une éolienne annoncée comme ultra performante comparée aux modèles d’ores et déjà disponibles sur le marché. En effet, le colibri est l’un des rares oiseaux à pouvoir effectuer du vol stationnaire, le fonctionnement de ces machines s’appuierait donc sur cette capacité si spéciale.

Le “nez” du TGV japonais inspiré du bec du Martin-pêcheur

Au Japon, le Shinkansen est le train à grande vitesse en service. Ce train peut atteindre une vitesse de 320 km/h et la priorité des compagnies ferroviaires résident dans la réduction de la pollution sonore. Un ingénieur s’est donc penché sur la question et a réalisé une analogie avec le Martin-pêcheur qui est capable de plonger dans l’eau sans provoquer de dommage collatéraux grâce à un bec long et profilé. Le Shinkansen a donc été repensé et des modifications ont été apportées en s’inspirant du bec du Martin-pêcheur. Résultat ? Le train étant plus aérodynamique il nécessite 15% de consommation électrique en moins et se déplace 10% plus vite qu’avant. La pollution sonore s’en trouve également réduite.

Le bec du martin pêcheur a inspiré les designers du train japonais : le  Shinkansen

Figure 7 : Martin-pêcheur d’Europe (Alcedo atthis)

Le train japonais le Shinkansen s'inspire du bec du martin pêcheur

Figure 8 : Le Shinkansen s’inspire de la forme du bec du Martin-pêcheur d’Europe

Légendes autour de ces animaux

Bon nombre de légendes existent sur les oiseaux, ils sont omniprésents dans notre culture et beaucoup d’entre eux sont associés à une signification qui leur est propre :

  • Le Corbeau était par exemple autrefois considéré comme un oiseau de mauvais augure en raison de son plumage noir, de son chant rauque et de sa nécrophagie.
  • L’Aigle représente la beauté, la force, le prestige. Il est considéré comme le « roi » des oiseaux et est associé au soleil ou même à la divinité.
  • Au Japon, la Grue est symbole de longévité et de paix.
  • La Colombe est également vu comme un symbole de paix.

Oiseaux légendaires

D’autres espèces imaginaires, font partis intégrante de notre culture :

  • Le Phénix : cet oiseau légendaire bien connu de tous et qui a la capacité de renaître de ses cendres symbolise la renaissance.
  • Oiseaux du lac Stymphale : dans la mythologie grecque les oiseaux du lac Stymphale, dressés par Arès, se nourrissaient de chair humaine. Les tuer constituait le 6ème des 12 travaux d’Hercule.
  • Hugin et Munin : dans la mythologie nordique, Hugin et Munin étaient les deux corbeaux messagers qui accompagnaient Odin

La légende des oiseaux du lac Stymphale

Figure 9 : Céramique présentant Hercule tuant les oiseaux du Lac de Stymphale

Divinité

Dans plusieurs cultures, de nombreuses divinités étaient représentées avec des attributs d’oiseaux. Dans la mythologie égyptienne, par exemple, le dieu Horus et le dieu Rê (ou Râ) étaient représentés avec un corps d’Homme et une tête de Faucon. Dans la mythologie grecque, Zeus se métamorphosait souvent en Aigle ou en Cygne afin d’apparaître devant ses amantes.

Les oiseaux d’ornement

De nombreuses espèces ont été importées à travers plusieurs pays pour en faire des oiseaux d’ornement (Faisan doré, Paon bleu…) Très appréciés pour leur apparence, ces oiseaux trouvaient facilement, à l’époque, leur place dans les cours royales. Aujourd’hui, on les retrouvent dans les parcs et jardins ainsi que les parcs zoologiques pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Le faisan doré est un oiseau d'ornement présent dans les parcs et jardins
Le paon bleu est un oiseau domestique ornemental

Figure 10 : Le Faisan doré (Chrysolophus pictus) et le Paon (Pavo cristatus) sont deux espèces originaires d’Asie. Leurs plumages colorés en font des animaux d’ornementation très appréciés.

GUIDES ET CONSEILS AUTOUR DE L’ORNITHOLOGIE

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